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L'abbaye d'Igny

Notre Dame d’Igny , maison de prière depuis 1128

En 1128 les premiers moines venant de l’abbaye de Clairvaux arrivèrent dans un domaine offert par l’archevêque de Reims, Renaud de Martigny sur la commune d’Arcis le Ponsart au lieu dit Igny.

Humbert issu de Clairvaux fut nommé abbé de cette nouvelle fondation cistercienne selon la loi de St Benoît. Largement dotée de la part de l’archevêque, l’abbaye recevra de nouvelles donations de tous les seigneurs des environs et sera l’une des plus importantes du diocèse. Il fondera l’abbaye de Signy(08). Malgré la prospérité, Humbert regrette Clairvaux, aussi il démissionne en 1138 pour y retourner. Le deuxième abbé fut le bienheureux Guerric ; celui-ci fondera un autre monastère, Notre Dame de la Valroy (08).

De la vie des moines, on sait peu de choses, mais les possessions territoriales furent consolidées et le pape Clément IV dut lancer un avertissement (la bulle de 1268) pour exhorter les moines à retrouver l’esprit d’humilité et de pauvreté qui devaient régner dans les maisons cisterciennes.

Les épreuves du XIV e au XVIIe siècle
La guerre de Cent Ans, ainsi que la Peste Noire ruinèrent les monastères du nord et de l’ouest de la France. A crise de la papauté jeta le trouble dans les esprits et les monastères. Au cours du XVIème siècle un arrêt royal met Igny en commende ; c'est-à-dire la remise du monastère entre les mains de supérieurs laïcs dispensés de suivre la vie monastique. Pendant près de 200 ans l’abbaye sera une sorte de fief héréditaire mais ceci fut au détriment du spirituel : de 72 moines au début de la commende il n’en resta que 5 ou 6 à la veille de la révolution !

Destruction-Reconstruction aux XVIIIe et XIXe siècles
Des travaux commencés à Igny vers 1733 sont à peine terminés en 1789. Mais en 1791, sous la Révolution, la municipalité d’Arcis-le-Ponsart déclara l’abbaye et ses biens propriétés de l’Etat.
L’archevêque de Reims, Mgr Langénieux, en 1875, décida de rendre l’abbaye vide et en très mauvais état, aux cisterciens trappistes avec mission d’y créer un orphelinat agricole. En accord avec l’archevêque, le Prieur Augustin Marre décida de créer une petite industrie : une chocolaterie.

Les écrivains Huysmans et Claudel y séjournèrent et décrivirent Igny : lLe 1er dans son livre « En route » où il parle de sa conversion et le second dans 3 œuvres : « l’Otage », « Le pain dur » et dans son journal.

XXème et XXIème siècles
La 1ère guerre détruira complètement Igny. Augustin Marre va relever le monastère de ses ruines grâce aux indemnités des dommages de guerre selon le plan du monastère du Loc Dieu (Quercy). Il offrira ce magnifique monastère à une communauté de moniales de ND de L’Immaculée Conception de Laval.

En 1929, 30 religieuses arrivèrent de Laval en mettant en route une petite fromagerie ; mais la Seconde Guerre arrive et les moniales se réfugient à Laval. Elles retrouveront Igny sali, pillé, mais debout.
En 1955 un petit groupe de sœurs d’Igny fondent un monastère dans l’ancien Congo belge.

En 2011 l’abbaye est à nouveau en travaux. Seules 14 sœurs assez jeunes continuent à y vivre autour de la chocolaterie qui va nous permettre de déguster les œufs de Pâques. Quand les travaux seront terminés le monastère sera riche d’environ 70 moniales de 3 communautés (Belval dans le Pas de Calais, La Grâce Dieu près de Besançon et Igny) qui nous attendrons pour prier.


Monique Doré