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Handicap et intégration: (on) peut mieux faire

Le législateur est intervenu pour encadrer l'accessibilité. La question de la scolarisation des enfants en situation de handicap dans les établissements traditionnels est au centre de l'actualité. Il est important de comprendre ce qui change pour le vivre ensemble au quotidien depuis la petite enfance et jusque dans le monde du travail, et pour s'enrichir des différences de l'autre et l'accueillir sans s'apitoyer pour qu'il prenne la place qui est la sienne.

Le regard a changé et nous sommes mieux acceptés

Accessibilité : mot « magique » et médiatisé pour un handicapé quel que soit le handicap. Comment vivre dans la vie quotidienne sans accessibilité mobile pour les personnes handicapées physiques, ou sans accessibilité intelligible pour les personnes handicapées mentales ?

C’est bien entendu un problème individuel mais surtout un problème de société.

La loi de 2005 qui engage la communauté nationale à assurer l’intégration de personnes handicapées est une conquête majeure. Elle est paraît-il en cours d’application mais beaucoup d’insuffisances perdurent c’est le moins qu’on puisse dire. L’information et la sensibilisation de l’opinion sont en panne.

Handicapé physique depuis 40 ans, je suis passé de la canne aux béquilles, puis au lit (quadraplégique) et enfin, j’ai eu beaucoup de chance, au fauteuil roulant.

Je suis une personne à mobilité réduite privilégiée car je peux aussi rester debout quelques instants à mes risques et périls.

Depuis 40 ans la situation générale des handicapés a évolué dans le bon sens (surtout à l’étranger). Le regard a changé et nous sommes mieux acceptés. Pour ce qui est de l’accessibilité, là aussi il y a eu de gros progrès – dans les rues, les parkings, les bâtiments, les établissements publics…L’exclusion, la discrimination ont fortement diminué même s’il reste beaucoup de chemin à parcourir.

Cependant, je reste dépendant dans mes déplacements (j’ai repassé le permis de conduire 2 fois pour m’adapter, et finalement ne plus pouvoir conduire). Je bute souvent sur des obstacles insurmontables : escaliers, ascenseur en panne, trottoir, place de voiture indisponible, bâtiments non aux normes, églises et musées inaccessibles, services inabordables. Prendre le train, l’avion, est plus ou moins possible mais quelle préparation antérieure… Bref, ce n’est pas facile et chaque déplacement me demande beaucoup d’efforts mais aussi beaucoup d’humour. Les anecdotes cocasses, les imprévus lamentables, les malentendus kafkaïens, les « rigolades » au plein sens du terme, j’en ai une pleine valise depuis 40 ans. C’est souvent amusant mais pas toujours. C’est la vie dans toute sa diversité.

Je suis extrêmement privilégié. Ma femme, ma famille, mes amis m’ont particulièrement bien accompagné avec bienveillance. Mais, je sais pour les avoir beaucoup fréquentés, que ce n’est pas le cas pour de nombreux handicapés.

Découvrir et accompagner des personnes en situation de handicap demandent beaucoup d’imagination, de vrais partages des défaillances.

Handicapés, nous sommes comme tout le monde, d’accord, mais nous sommes aussi singuliers, avec une part de nous-mêmes impartageable.

Témoignage de Michel Chenu


Aider la personne à développer ses potentialités

Sous l’impulsion des familles regroupées au sein de l’Union Nationale des Associations de Parents d’Enfants Inadaptés (U.N.A.P.E.I), des établissements ad hoc ont vu le jour au tournant des années 50. Instituts Médicaux Educatifs, Instituts Médicaux Professionnels, Centre d’Aide par le Travail (devenus E.S.A.T), Entreprises adaptées et Services d’accompagnement à la vie active. C’est le cas, notamment à Epernay où la très dynamique association locale, présidée par Monsieur Bernard ALLOUX s’attache à répondre au plus près des besoins de cette population qui, auparavant, aurait été laissée au bord du chemin.

Le dispositif complet qui a été mis en place répond aux projets de vie d’une population en situation de handicap mental. A un point tel de réussite que certaines personnes dont on mettait en doute les capacités de lire, d’écrire, de s’exprimer clairement en public, en sont désormais capables, comme Martine, qui déclare devant plus de cent auditeurs : « Aujourd’hui que j’ai soixante deux ans, on ne me dit plus, mon bébé ».

Voilà donc, vous l’avez compris, la préoccupation fondamentale des Papillons Blancs : « aider la personne en situation de handicap à développer au maximum ses potentialités ».

Faisons un très rapide détour sur les établissements et services gérés par l'association d'Epernay, en nous concentrant sur ceux qui sont les plus directement concernés par une éventuelle accession de la personne handicapée au milieu dit « ordinaire ».

L’E.S.A.T.  (anciennement C.A.T.)
Les Ateliers de la Vallée, offrent un soutien médico-social et une activité professionnelle en milieu protégé à 110 personnes, âgées entre 20 et 60 ans. Leur vocation est d’accompagner la personne dans la construction et la mise en oeuvre d’un projet de vie qui soit l’expression de ses désirs et de ses potentialités.

L’Entreprise Adaptée (Le nouvel atelier)
Crée en 1993 avec l’appui des Ateliers de la Vallée, le Nouvel Atelier est devenu en 1997 une entreprise adaptée, relevant depuis 2010 du droit des sociétés. Cette structure emploie des personnes ayant une reconnaissance de travailleurs handicapés et une orientation vers le milieu ordinaire.

Le service d’accompagnement à la vie active
Lancée en 1996 sous la forme d’une expérimentation locale, la Permanence du Jard est devenue en 2002 un service d’accompagnement à la vie active sur toute la Marne, et pour tous types de handicaps. Sa mission : accompagner les personnes en situation de handicap à trouver leur place dans le monde du travail et par conséquent dans la société.

Les Papillons blancs d'Epernay
Yves Chauvé


Loisirs : les choses évoluent

Selon le handicap d'un enfant, d'une personne adulte, les loisirs sont parfois de véritables casse-tête pour les parents, les proches.

Beaucoup de loisirs sont possibles en famille, entre frères et sœurs, avec des groupes : les cinémas et autres salles de spectacle sont de plus en plus accessibles grâce aux exigences législatives et offrent même des places spéciales ; les consoles Wii qui sont largement utilisées dans les centres spécialisés, permettent aux enfants, aux jeunes, et aux adultes, handicapés ou non, de partager les mêmes jeux, les mêmes activités.

Les sports sont aussi largement ouverts par des adaptations et les clubs qui offrent des sections handisports mêlent au maximum leurs deux publics car ils se motivent et s'entraident.

Les rapports avec les animaux sont, pour de nombreux handicapés, un moyen formidable de s'épanouir, de prendre confiance ; ainsi de nombreux centres équestres accueillent des enfants, ados ou adultes handicapés. Le rapport avec l'animal les conduit à s'ouvrir souvent bien davantage qu'avec les humains et monter à cheval leur propose un exercice physique qui développe l'équilibre en particulier.

Pour les vacances en famille et les centres de loisirs, les choses évoluent aussi. Les centres de loisirs refusaient souvent, faute de locaux adaptés et de personnel formé, les enfants handicapés ; de nombreuses régions ont vu la mise en place de services d'appui technique aux centres de loisirs pour qu'ils s'ouvrent en toute connaissance, aux handicapés. La plate-forme nationale Grandir Ensemble, par exemple, y travaille activement. Sur leur site www.grandir-ensemble.net, on trouve notamment une liste d'adresses d’organismes accueillant des enfants en situation de handicap, des publications sur cette thématique et des outils pour soutenir les responsables de structures.
 

D. Lepage