Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

Document Actions

Suippe Est

Le numéro 70 de mars 2014 est paru le 14 février 2014.

n° 70 couverture chez nous 3004.jpg

page 3 SECTEUR DE LA SUIPPE
Famille, il y a urgence ! (texte intégral)

Notre pape François vient de lancer une consultation sur la famille auprès des diocèses du monde. Le contenu en sera repris à un prochain synode prévu pour octobre 2014 sur cette question.
Si la famille connaît depuis quelques décennies, une évolution considérable, nous continuons de placer en elle beaucoup d'attentes et d'espoirs. Elle reste plébiscitée comme lieu qui mène au bonheur. Est-ce que nous en attendons plus qu'elle ne peut donner, en tout cas le monde de la famille est pris aujourd'hui dans un tourbillon de difficultés et de questionnements souvent préoccupants. Des questions de durée, de transmission, de prise en charge des enfants, de diversité, familles monoparentales, couple avec des personnes du même sexe, bouleversent les modèles en place, de nouvelles façons de vivre se sont mises en place, plus de liberté, d'égalité, de sensibilité. Ces situations et nouvelles manières de vivre ont aussi leur lot de difficultés, isolement, tension, liens brisés, incompréhension. Lieu pour le bonheur mais aussi bien souvent lieu de souci, parfois de désarroi, de situations douloureuses et pénibles. Nous ne restons pas indifférents, et l'église par la parole du pape François, a compris l'urgence de mieux accompagner les réalités d'aujourd'hui.
Il y a urgence! Il y a urgence pour un accompagnement des situations. Leur prise en compte par les services publics est le fruit d'efforts importants, au plan social et législatif. Il y a tout autant urgence pour redéfinir l'enjeu d'un projet familial, et les significations des rôles que sont appelés à tenir les uns et les autres, les engagements et les responsabilités que cela demande et implique. Le projet d'une vie de couple va bien au-delà des questions de liberté ou d'égalité. Il touche particulièrement tout ce qui concerne le commencement de la vie.
Nous avons conscience dans l'église à tout niveau, à commencer par le pape, de cette urgence d'être présent à tout ce qui concerne cette vie familiale aujourd'hui, avec la conviction, que l'évangile et l'enseignement de l'église, guident, aident ceux qui portent un projet familial.
Nous devons bien comprendre que nous n’éviterons pas un certain nombre d'exigences qui souvent se sont formulées en principes, et nous pouvons penser que dans le débat, dans lequel nous entrons ces formulations seront reprises et peut-être discutées.
Ainsi, si l'un des enjeux de la réflexion qui est menée est de se réapproprier cet horizon perçu en termes d'interdits, pour redécouvrir ce qu'il propose en repères précieux et offerts à tous, un autre enjeu pour l'église, qui peut-être dans le prolongement du précédent, est d'être le relais d'une bonne nouvelle, une bonne nouvelle qui ne fait pas l'impasse sur les exigences, mais une bonne nouvelle qui doit parvenir à tous, et faire entendre à chacun combien il reste l'objet de l'amour de Dieu. En écrivant cela, la conviction que je partage, n'est autre que celle de croire que Dieu ne cesse de venir au devant de nos fragilités voire de nos impasses, et que l'église ne fait pas autre chose que d'essayer de servir cette action, serait-ce à travers beaucoup de lourdeurs. Mais attention à ne pas croire trop vite que cela viendrait de Dieu ... je ne vois pas toujours ce que je pourrai faire, mais je vois qu' il est temps de se retrousser les manches (se mettre au travail), à commencer par nous, les baptisés.
pages 4 & 5

n° 70 famille africaine.jpg

"La famille est le berceau de l'humanité"

 

 

Texte intégral

La famille est une notion difficile à définir. Cette notion de famille recoupe des réalités qui peuvent être très diverses. La famille constitue le groupement fondamental de la société. Malgré l’évolution de la famille au sein de cette société à travers le temps, l’alliance et la parenté demeurent le ciment de la famille. Celle-ci reposant sur l’union plus ou moins durable et socialement approuvée d’un homme, d’une femme et de leurs enfants, est un phénomène universel, présent dans tous les types de sociétés. Classiquement, trois types de famille peuvent être retenus : la famille souche, la famille communautaire, la famille nucléaire. La notion de famille, telle qu’on l’entend aujourd’hui, est assez éloignée des normes familiales des siècles précédents. Dans son Exhortation Apostolique, « Familiaris Consortio » : les tâches de la famille chrétienne dans le monde d’aujourd’hui, au n°17 le Bienheureux Jean-Paul II déclare « Famille, deviens ce que tu es! ». Cette assertion met en relief l’identité de la famille. La recherche de cette identité nous amène à appréhender d’abord la dignité de la famille et nous poserons un regard africain sur la famille.

LA DIGNITE DE LA FAMILLE

Un point fondamental pour la promotion des droits humains est la reconnaissance des « droits de la famille ». Dans la Charte des Droits de la Famille, présentée par le Saint-Siège, la famille est conçue comme un sujet qui intègre l'ensemble de ses membres. La famille est donc un tout qui ne doit pas être divisé dans son traitement, en isolant ses composantes, pas même en invoquant des raisons de suppléance sociale, laquelle est certainement nécessaire dans bien des cas, mais ne doit jamais mettre le sujet famille en position marginale. La famille doit être défendue et promue non seulement par l'Etat, mais par la société tout entière. Elle requière l'engagement résolu de chaque personne, puisque c'est à partir de la famille qu'il est possible de donner une réponse intégrale aux défis du présent et aux risques de l'avenir. La famille est le lieu par excellence, le plus propice et irremplaçable pour la reconnaissance et le développement de l'être personnel dans son cheminement vers la pleine dignité. En elle, il entame son développement humain. En elle, il se forme non seulement dans un utérus maternel, mais aussi, comme l'a dit saint Thomas, dans un « utérus spirituel » (St Thomas D'ACQUIN, ST, II, q. 10, a. 12). C'est dans ce milieu familial et formateur que débute le processus d'éducation et de promotion de l'être humain. Le sujet qui ne reçoit pas cette première promotion familiale est fortement défavorisé pour atteindre la plénitude humaine à laquelle il est appelé de par sa condition de personne. Le respect des droits humains est nécessaire au développement humain des personnes dans la communauté. Ces biens comprennent la vie elle-même, la santé, la connaissance, le travail, la communauté et la religion. Avant tout, « la famille est une communauté de personnes pour lesquelles la vraie façon d'exister et de vivre ensemble est la communion: communio personarum ». (JEAN PAUL II, Lettre aux familles Gratissimam sane, 2.2.1994, 7.) Ces biens, qui pour elles sont essentiels, ne peuvent se réaliser que lorsqu'un homme et une femme s'engagent l'un envers l'autre par un don total dans le mariage, communauté d'amour et de vie, et qu'ils sont prêts à accueillir pleinement " dans la procréation et l'éducation " le don d'une nouvelle vie. Les parents donnent à cette nouvelle vie un foyer dans lequel l'enfant peut croître et se développer. Tous les droits nécessaires par nature au développement de la personne dans sa totalité se réalisent dans la famille de la manière la plus efficace. La famille, de par sa nature, est un sujet de droit, elle est l'élément fondateur de la société humaine et la force la plus nécessaire pour le développement total de la personne humaine. L'importance de la médiation sociale de la famille est incontestable. Elle garde toute sa valeur, malgré les changements qui ont affecté la famille dans l'histoire. La famille, bien plus qu’une simple unité juridique, sociologique et économique, constitue une communauté d’amour et de solidarité, apte de façon unique à enseigner et à transmettre des valeurs culturelles, éthiques, sociales, spirituelles et religieuses essentielles au développement et au bien-être de ses propres membres et de la société. « Plus que toute autre réalité humaine, la famille est le milieu dans lequel l’homme peut exister ‘pour lui-même’ par le don désintéressé de soi. C’est pourquoi elle reste une institution sociale qu’on ne peut pas et qu’on ne doit pas remplacer : elle est le ‘ sanctuaire de la vie’ ». La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 le proclame fort bien : « La famille est le noyau naturel et le fondement de la société et elle a le droit d’être protégée par la société et l’Etat ».

LA CONCEPTION AFRICAINE DE LA FAMILLE

« La famille est le berceau de l’humanité », disait le Pape Jean-Paul II. C’est donc dans la famille que la vie commence, se développe, mûrie et parvient à son terme de la façon la plus appropriée. La conception traditionnelle africaine, est celle de la famille élargie où les membres dans leur diversité plurielle fondent l’unité de la famille. Les particularités de la famille africaine se reposent sur les valeurs familiales. Pour y voir un peu plus clair il faut commencer par apprécier la place, l'importance de la famille en Afrique. La famille est le lieu de naissance du sujet à lui-même et à la société ; C'est le lieu où tout individu vient au monde, fait sa première expérience de la gratuité du don de la vie, de l'amour, de l'hospitalité, de la solidarité: c'est là qu'il se comprend en lien avec les générations passées, présentes et futures. C'est là où il intériorise et assimile les valeurs morales et sociales sans lesquelles il ne peut grandir en humanité. La famille africaine est pour ainsi dire le premier creuset d'humanisation et de socialisation. Quelles sont alors ses valeurs essentielles? Nous en avons retenu sept (7).
1) La dignité de la femme : Epouse mère et éducatrice, elle est l'être sexuée par excellence, première gardienne et protectrice de la vie. Elle a aussi des responsabilités spécifiques et … vis-à-vis de la famille, du lignage et de l'humanité entière, responsabilité que lui font porter la nature et qu'elle ne peut décliner en exerçant un impérialisme destructeur sur la vie de l'enfant à naître. 2) Le mariage comme union conjugale sacrée entre un homme et une femme, appelés à vivre dans la complémentarité scelle une alliance entre deux familles. Il n'engage pas que les deux personnes concernées en premier chef, c'est-à-dire le jeune homme et la jeune fille, mais bel et bien les deux familles, au sens large, pour donner une chance à l'amour, la concorde, la paix et la sécurité. Il est comme tel ordonné à la fécondité et procréation et la parenté. 3) Importance de la fécondité : la fécondité est un des plus grands dons accordés à l'homme par Dieu; elle est la valeur existentielle la plus haute, la première expression du triomphe de la vie sur la mort, l'une des valeurs sociales les plus importantes. Cette importance se comprend en rapport avec le fait que l'être humain est foncièrement "être-vie-en-relation", comme tel. Il est constitutivement fécond et il ne peut exister sans transmettre la vie. Ainsi, procréer est une responsabilité qui l'engage avant tout engagement. La fécondité est de l'ordre de son identité tant elle répond aux 5 soifs existentielles: éternité, plonger ses racines loin dans les ondes originaires de la vie ; immortalité, être dans l'au-delà et s'assurer une survie personnelle ; temporalité, demeurer dans l'histoire du monde ; solidarité, assurer la postérité de la famille ; divinité, s'assurer une plénitude d'être en gage de communion au pouvoir divin. C'est pourquoi une grossesse ou une naissance est toujours un grand événement rituel et festif; c'est pourquoi on valorise la fécondité de manière un peu excessive au risque de déshonorer la personne stérile. 4) L'enfant comme don venant de plus loin est le plus grand et le plus expressif de tous les biens. C'est un bien inestimable, un signe palpable d'un surcroit d'être. C'est le filon par lequel circule la force vitale qui vient des ancêtres. Aussi, porter atteinte à sa vie, c'est mettre au défit Dieu et les ancêtres. 5) Le respect de la vie. Non seulement la vie est sacrée, don de Dieu, elle est la première valeur fondamentale, le principe fondateur du vivre ensemble. Elle est le bien le plus précieux. On doit tout faire pour la protéger, la conserver, la perpétuer. La première responsabilité de l'homme en tant qu'être-vie est de la promouvoir. Ainsi la vie ne peut pas être sacrifiée à des conditions d'opportunité. Tout acte qui peut d'une manière ou d'une autre porter atteinte à la vie, ou l'affaiblit, est à proscrire. Avorter est un acte particulièrement gave, un acte que l'on ne peut poser inconsidérément sans se ternir soi-même et sans ternir tout la communauté. 6) Hospitalité. Accueil par excellence du prochain, attention inconditionnelle à l'autre, disponibilité illimitée, don de soi et dévouement, de sollicitude, de générosité, est un acte d'amitié avant toute amitié, une disposition de réaménager chez soi, son espace à soi, en s'ouvrant à l'autre, sans condition, avec tout ce que cela suppose de sacrifices et de dérangement et de responsabilité jusqu'à devenir otage, sens de la fraternité.
En définitive, les droits, les besoins fondamentaux, le bien-être et les valeurs de la famille, bien qu’ils soient, dans certains cas, progressivement sauvegardés, sont souvent méconnus et même menacés par des lois, des institutions et des programmes socio-économiques. C’est pourquoi, l’Eglise, fidèle à sa vocation première, s’emploie à redorer le blason de cette institution humano-divine en convoquant très prochainement un Synode spécial sur les défis pastoraux concernant la famille dans le contexte de l’évangélisation.
 

Brèves
six communes de nos paroisses recensées
La Saint Vincent à Nogent-l'Abbesse

n° 70 st vincent nogent vin calice hd.jpg


A Bazancourt, le lotissement pour personnes âgées est achevé

Du "château" au Petit Pommery

n° 70 petit pommery r.jpg

 

 


Page 5 : Patrimoine : la croix du Jard

 

Une singulière aventure

n° 70 croix du jard 1r.jpg

Page14 Une entreprise bien connue des agriculteurs

n° 70 semas 3005 r.jpg

 n° 70 photo semas 3005 r.jpg

Page 16 :